Los Dulces de Manou

Nous sommes heureux de revenir avec un sujet qui nous tenait à cœur – celui de l’artisanat, du savoir faire mais aussi celui de la découverte et du voyage.
Hissons les voiles pour l’Amérique du Sud.

Il y a plusieurs mois, Julien Louzeau s’est rendu à l’Atelier afin de découvrir quelques secrets de nos bassines en cuivre, avec déjà une petite idée en tête …
Son projet, Julien le décrit comme un hommage à trois visages. D’abord le visage de sa grand-mère et de ses délicieuses confitures maison - le visage du savoir faire français, celui qui reste artisanal et généreux, et finalement le visage d’un autre monde, la Colombie, aux incroyables saveurs.

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Si, le « savoir faire français » brille dans les yeux des colombiens, le véritable défi est de redonner une vraie place à la confiture artisanale et au « goût vrai ». Sodas, barres chocolatées ou encore pâtes à tartiner les éloignent souvent des produits frais, un grand potentiel pas toujours bien exploité.

En parcourant le pays, Julien s’est vite aperçu de la qualité et de la diversité des fruits colombiens. L’approvisionnement est simple, non seulement par la non saisonnalité des fruits avec 3 à 4 récoltes par an, et les nombreux points de vente. « On peut s’approvisionner à la tienda locale de quartier (épicerie), jusqu’au marché en passant par la grande distribution », nous explique Julien, « mais je préfère passer par Corabastos, le Rungis local pour la qualité constante et une meilleure traçabilité. »

Installé depuis février 2016 à Bogota, Julien crée au mois de mai Dulces de Manou. Il propose une gamme de mermeladas et de jaleas – confitures et gelées, de la traditionnelle fraise aux fruits originaires de la cordillère des Andes. Nous lui avons demandé de nous en dire un peu plus sur ces nouvelles saveurs …

Mûre (Rubus Glaucus) est celle qu’on rencontre généralement en Colombie. On l’appelle également « Mora de Castilla ». Elle se cultive toute l’année. Les mois fards sont juin, juillet, août et septembre. Son origine est des zones de haute altitude et tropicales d’Amérique. Ce sont des mûres qui restent plus acidulées que les mûres françaises et plus rouges.

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Tomate de árbol (Cyphomandra betacea Stendt) : Peut-être connaissez-vous ce fruit sous le nom de « tamarillo ». Il est originaire des Andes. Fruit acidulé et aromatique, on le consomme quasi exclusivement en jus ici. La temporalité des récoltes est toute l’année avec des mois moins productifs : mars, avril, juin, juillet et septembre.

los-beneficios-del-tomate-de-arbol-1 Crédit photo Imujersalud.

Lulo (solanum quitoense) : Ce fruit est typiquement un fruit des Andes, d’Amérique du Sud. Il se cultive en moyenne montagne. Et comme habituellement, en Colombie ils le consomment en jus principalement pour sa forte teneur en vitamine C. La récolte se fait pendant toute l’année. Il est agréablement parfumé (une odeur presque de bonbon) et doucement acidulé.

Health-Benefits-Of-Lulo Credit photo Ayurjeevan

Guanabana (Annona muricata) : que vous connaissez sous le nom de Corossol également, cultivé aux Antilles. C’est un fruit qu’on retrouve essentiellement en Afrique, Amérique et Asie. Il est très apprécié en Colombie pour sa chair onctueuse qu’ils qualifient de sucrée et aigre-douce. La récolte se fait dans un premier temps en février et mars, puis en juin, juillet et août où elle est plus importante.

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Crédit Photo Store Grinreamnature

 

 

Dulces de Manou, entre France et Colombie, est un projet de la découverte et du goût qui pourrait prendre alors un quatrième visage – celui de l’éthique. Julien va pouvoir travailler prochainement en direct avec les producteurs grâce au programme Desarrollo alternativo. Un projet qui lui tient à cœur : « Ce sont des associations de cultivateurs, agriculteurs, pisciculteurs qui mettent à disposition leurs fruits, légumes, poissons et autres. Cela permettra aussi de rémunérer en direct les petits producteurs et en gommant la chaîne de distribution. C’est mon souhait en tous cas.”

En développant son projet en Colombie, Julien est frappé par une autre réalité. Le pays est encore loin des labels « Bio » qui innondent nos marchés français. Ce n’est pas encore une priorité mais l’agriculture en prend progressivement le chemin, une agriculture finalement peu touchée par l’industrie.

Ce qui a plu à Julien c’est cette simplicité bien loin de la quête de la surproductivité. On n’achète pas, on le fabrique ou on fait appel aux talents d’un artisan : Pour vous donner un exemple, j'ai pu faire sur mesure ma bassine en cuivre par un artisan reconnu dans le milieu. J'aime ce concept et je vais en ce sens pour l'appuyer.", précise Julien.

 

Finalement, ce que Dulces de Manou m’inspire aujourd’hui, c’est de réapprendre à prendre le temps. Prendre le temps de se reconvertir à l’autre bout du monde après une vie parisienne à cent à l’heure. Apprendre un métier et un savoir faire, car il n’est jamais trop tard pour apprendre. Prendre le temps de découvrir un pays, ses couleurs, ses saveurs. Parler, rencontrer et s’entourer des talents de chacun. Goûter les produits, les réinventer, les réinterpréter. Prendre le temps de sélectionner ses fruits, les regarder cuire doucement. Se réveiller et imaginer toutes les bonnes odeurs que l’on va cuisiner.

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Merci à Julien Louzeau de nous avoir guidé pour cet article et nous espérons voir grandir ce beau projet.
En attendant la mise en ligne de leur site internet, nous vous invitons à découvrir son univers via Facebook et Instagram.

* Crédit Photo Julien Louzeau

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